Sensibilisation au deuil périnatal... ce que j'ai envie de vous dire

Publié le par La Princesse aux bidouilles

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Il existe un mot que vous ne trouverez pas dans les dictionnaires. Un mot du coeur, un mot...un état, un passé devenu notre présent... pour nous qui avons dû inventer l'indicible. Ce mot ? Mamange...

Un mot poétique pour traduire l'horreur. Un mot pour dire ce que nous sommes, ce que nous avons vécu et ce dont on nous a privé. Un mot qui n'existe pas dans le dictionnaire car notre mal est tû...tabou.

 

Aujourd'hui nous sommes le 15 octobre, aujourd'hui c'est la journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal.

Aujourd'hui, comme hier ou demain, des bébés à naitre ou à peine nés vont partir rejoindre nos ancêtres.

Aujourd'hui, comme hier, des hommes, des femmes, des parents, des couples, des amis, des patrons vont nier notre mal. Vont nous dire de nous taire, d'oublier, d'avancer... "Vous êtes jeunes", "Vous en aurez des enfants"... il est inutile de ressasser... alors je dirai à ces personnes que ce qui pour eux appartient au passé c'est justement ce qui fait notre présent. On ne peut oublier et l'on ne doit surtout pas oublier...

 

Le deuil périnatal ce n'est pas le deuil de la maternité. Le deuil périnatal c'est le deuil d'un ou plusieurs enfants, comme dans mon cas.

Le deuil périnatal n'est pas un deuil classique, c'est le deuil de l'avenir... l'avenir avec les enfants que vous avez porté, que vous avez aimé, nommé, attendu... Des enfants que vous devez aujourd'hui visiter au cimetière, si vous en avez le courage...

Le deuil périnatal c'est garder en mémoire les sensations de ces mois partagés dans vos entrailles : la rencontre intérieure.

Le deuil périnatal c'est se souvenir de cette nuit terrible où vous avez dû mettre vos enfants au monde et leur dire au revoir. Les bercer dans leur sommeil éternel...

Le deuil périnatal c'est parvenir à trouver ses enfants beaux dans la mort...

Le deuil périnatal c'est continuer à avancer estropié d'un bout de soi...

Le deuil périnatal c'est trouver le courage de vider une chambre d'enfants dans laquelle vous n'entendrez jamais les rires de vos Milo et Théo...

Le deuil périnatal c'est avoir peur de vivre une nouvelle grossesse parce qu'on vous a volé votre innoncence et que maintenant vous savez...

Le deuil périnatal c'est, parfois, avoir peur de vivre tout court...

 

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Alors oui, le deuil périnatal est un deuil dérangeant... mais le deuil périnatal est un deuil respectable. Un deuil qui doit être dit et non tû. Un deuil qui est propre à chaque parange endeuillé. Un deuil qui demande du temps, parfois court, parfois long, avant de faire de ce drame un moteur de vie, une essence nouvelle, constructrice. Mais pour atteindre cela, il faut pouvoir parler, être écouté et non jugé.

 

Le deuil périnatal est un deuil qui n'arrive pas qu'aux autres... et avec ce texte j'aimerai toucher les personnes qui, je le souhaite, ne seront jamais touché par cette épreuve afin que vous compreniez... et surtout afin que certaines phrases ne soient jamais prononcées... Vous n'imaginez pas les horreurs que nous, mamanges et papanges, avons et entendons encore...

 

Et pour vous petites mamanges qui me lisaient...

Dans ma vie j'ai eu 3 enfants... trois petits garçons dont un que j'ai le bonheur de voir grandir.

Parfois je me dis que des mondes parallèles existent... Une autre moi a le bonheur de voir grandir ses jumeaux. Une autre moi... A la vie différente. Une moi, que je ne serai jamais....
Alors je regarde ma vie... Un an et demi après mon drame... Et je me dis que la vie m'a joué des tours mais qu'au final je suis heureuse.... Une mamange amputée de ses jumeaux mais une maman qui regarde son bébé espoir grandir, une femme qui a repris sa vie en main et qui écrit son chemin plutôt que de le subir... Alors je suis heureuse. Heureuse du cadeau que mon Milo et mon Théo m'ont donné... un an et demi est passé et je suis heureuse.

Une partie de moi est avec eux, une partie d'eux est avec moi, et j'avance.... J'avance en souriant avec les larmes au bord du coeur... Des larmes non pas de tristesse mais des larmes de reconnaissance.

Le 12 avril 2013, mes jumeaux m'ont redonné naissance. Je suis autre et je peux enfin être moi. Je vous aime mes bébés étoiles, je t'aime mon bébé espoir. Et je peux le dire aujourd'hui, j'aime la vie.

 

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Belle route à vous petites mamanges, laissez-vous guider par vos nouvelles étoiles. Il n'y a qu'ainsi qu'on peut honorer leur mémoire.


A nos anges, étoiles, petits moteurs de vie : MERCI !
 

 

Tous ensemble brisons le tabou !

Publié dans Blabla "Moi - je"

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Claire 07/11/2014 18:15

Bonjour,
Quel beau texte...je suis très émue de te lire.
Je ne suis pas une mamange, je suis une petite soeur qui ne connaîtra jamais son grand frère. Parce que c'était un tabou il y a plus de 40 ans j'ai vécu pendant 39 ans et demi avec un grand vide,
une douleur sourde, une impression d'être à une place que je ne méritai pas, la culpabilité d'être née mais lui pas. Je pleure chaque fois que j'entends la chanson de Maxime Le Forestier et je sais
pourquoi depuis maintenant 6 mois. Mais le secret est toujours là à cause du tabou, Maman ne sais pas que je sais, elle n'a jamais pu éteindre sa douleur, jamais fait son deuil et me les a
transmis. Je ne lui en veut pas, elle ne sais pas... Je voudrais tant qu'elle soit libérée enfin de ce poids ! Alors oui, brisons le tabou, aidons les Mamanges à faire leur deuil, aidons les
Mamanges à réapprendre la vie.

La Princesse aux bidouilles 02/12/2014 19:24



Excuse moi Claire de ne pas avoir répondu plus tôt à ton beau témoignage.


Sache que je suis aussi très émue par ton histoire qui ressemble par certains points à celle de ma famille puisque malheureusement ce drame a déjà frappé...


Je sais que ce secret de famille peut briser des relations, des non-dits qui alourdissent le coeur et qui empêchent d'aimer ouvertement...


Si tu trouves le courage, parle à ta maman parcequ'un un jour il sera trop tard... Plein de pensées pour toi, ta maman et ton petit frère étoile.



Sylvie 31/10/2014 20:58

Chère Princesse,
votre texte m'a beaucoup touché. Je suis moi même une mamange. J'ai perdu mon premier bébé à 6 mois et demi de grossesse. J'ai juste entendu un cri et puis plus rien. On ne m'a pas laissé voir ma
fille, ni l'enterrer. Cela ne se faisait pas il y a 28 ans. J'ai maintenant deux autres grands enfants que j'aime et qui me comble, mais je n'oublierai jamais ma petite fille, même si je n'ai même
pas pu lui dire au revoir...

La Princesse aux bidouilles 02/12/2014 19:28



Merci Sylvie de partager ton histoire si touchante. Aujourd'hui on nous laisse le choix et  c'est une très belle avancée quant à la prise en charge des parents endeuillés. Plein de pensées
pour ta petite fille étoile.  (Je suis touchée car elle aurait dû avoir quasiment mon âge... petit ange....)



reinebienheureuse 30/10/2014 17:21

Très beau texte. C'est peut-être un chagrin qu'il faut avoir connu ou approché (j'ai moi-même fait 3 fausses couches) pour le comprendre. Mais il faudrait que cela change.

Liloute 24/10/2014 14:23

Merci merci petite princesse au coeur d'or.
Nous aussi parange d'une minie etoile et maintenant parents d'un pirate de la vie né grand prema, je te le dis, tes mots nous vont si bien.
Je n'ai jamais reussi a mettre des mots si simple et si vrai sur ce que j'appelle nos lecons de vie!
Tu reveilles en moi des maux enfuies que l'on m'a conseillé d'oublier, et qui ne demandent qu'a sortir!!
Merci a cette journee, et merci a toi de l'avoir partager.
Belles pensees a tous tes bebes et a vous.

La Princesse aux bidouilles 02/12/2014 19:30



merci Liloute .


Souvent j'hésite à écrire, je me dis que c'est impudique... et puis au fond je trouve le courage et la force en pensant à mes étoiles. En lisant les commentaires de mamanges je me dis que j'ai
raison alors un grand merci !


 



Sophie 23/10/2014 13:14

J'ai été réelement touchée par ce que je viens de lire.
Je suis l'heureuse Maman d'un petit garçon d'un an en pleine santé et avant de devenir moi même Maman je n'avais pas conscience du mélange d'angoise et de bonheur que représente le chemin à la
parentalité.
J'ai pris conscience qu'une grossesse est à la fois un bonheur immense mais peux aussi être un stress immense !Et parfois même pire ...
Merci de nous faire partager ton expérience, ton message plein d'espoir et de levé le tabou sur ce deuil.
Je suis certaine que beaucoup de personnes sont,comme moi je l'étais, ignares sur ce sujet et j'estime important de enfin permettre à tous de se ressembler autour du décés perinatal.
Encore Merci !

La Princesse aux bidouilles 02/12/2014 19:31



Merci à toi Sophie de me montrer à travers ton témoignage, qu'à mon petit niveau, je parviens à briser ce fichu tabou ! merci !